Histoire de la croix Occitane.

Cette marque du Languedoc a été repérée sur des sculptures très anciennes qui la rattacheraient à l’époque wisigothique. Plusieurs hypothèses sont avancées pour définir son origine.  Comme toujours, la  légende trouve toute sa place dans cette quête de la vérité. Les Comtes de Toulouse détiendraient cette croix depuis la bataille que le Comte Toresin gagna sur les maures, à Bayonne, et ou un ange lui demanda de l’adopter par une belle nuit.

Plus sérieusement, on peut affirmer que son origine est provençale. Dès l’an 1080,  à Marseille elle est arborée par les comtes de Venasque. Ce Comté, le Comtat Venaissin, deviendra un jour possession des Comtes de Toulouse qui sont Marquis de Provence. Quelques temps avant la première croisade, le Comte Raymond de Saint Gilles la fait figurer sur ses bannières puis l’introduit dans le Comté de Tripoli en Syrie.

 

      Comte Raymond de St Gilles                                      Le Comte épouse mystiquement la cathédralede Nîmes

 

Elle va devenir une des pièces héraldiques de premier plan et sera accolée aux armes de plusieurs familles royales. Elle figure sur les blasons d’une multitude de communes, authentifiant souvent les actes notariés du Midi, et symbolisant la Province toute entière jusqu’à la révolution.

Aujourd’hui, on la retrouve sur le logo de la région Midi Pyrénées.

Au-delà de l’aspect historique, nous pouvons nous pencher sur les aspects symboliques de cette croix. En effet la mise en valeur du nombre douze (les douze pommeaux) signifierait la maîtrise de l’univers dans son espace (les douze signes du zodiaque) et dans sa durée (les douze mois de l’année). Mais nous venons de franchir les frontières de l’interprétation…

Pour certains, elle ne devrait pas être nommée croix Occitane mais plutôt « Croix aux douze points » en référence aux douze pommeaux qui la jalonnent. Il semblerait que cette croix était l’un  des symboles d’une tribu gauloise, les Volques,  implantée dans le sud de la Gaule vers le IIIème siècle avant JC.  Cette tribu est  constituée de deux groupes qui se séparent vers le IIème siècle avant JC : les Arécomiques s’installent dans la région de Nîmes, les Tectosages vont occuper la région qui s’étend de Narbonne à Toulouse. Ces derniers semblent être les premiers à se servir de cette croix à douze points dans leur symbolique.

Le symbole de la croix aux douze points semble être solaire : les quatre branches représentent les quatre saisons, chaque point désignant un des douze mois.

La place du Capitole à Toulouse est un bel exemple de cette symbolique solaire et zodiacale dans l’incrustation de  son dallage.

Dès  1211 le sceau des Comtes de Toulouse est orné de cette croix aux douze points. Elle était représentée dans son intégralité avec la symbolique zodiacale sur chacun de ses points.

Il faut donc admettre que cette croix n’a rien à voir avec l’iconographie chrétienne. Mais on peut préciser également qu’elle n’a aucun lien avec une croix cathare car ils n’en possèderont jamais.

 Par contre on peut  trouver un lien avec les Cathares à travers la connotation solaire.

Depuis longtemps la symbolique zodiacale a disparu des représentations de la croix Occitane.